46. Flessum du genou. AMI : Arthrogenic Muscle Inhibition - Knee flexion contracture. AMI: Arthrogenic Muscle Inhibition

J-L Rouvillain (Fort-de-France)


Selon les publications, la survenue d’un flessum genou se retrouve dans 10 à 25 % voir jusqu’à 40 % des interventions sur le genou que celles-ci se soit sous arthroscopie ou non.
On peut parler de perte d’extension active, de flessum du genou, de raideur extension, de marche en flessum, l’ensemble de ces termes sont regroupés par la dénomination anglo-saxonne : «AMI : Arthrogenic Muscle Inhibition ».
Il faut d’abord éliminer une cause mécanique.
Les facteurs favorisant l’apparition de ce flessum sont la douleur, un flessum préopératoire, l’absence de rééducation active postopératoire et la position en flexion du genou en postopératoire.
Les facteurs favorisant sont : la douleur, l’hydarthrose ou l’hémarthrose, la marche avec canne, un coussin sous le genou, des multifractures, une rupture du ligament croisé antérieur controlatéral…
La classification se fait en 3 stades d’abord l’inhibition motrice du vaste médial oblique résolutive. Le grade II s‘accompagne d’une contracture réflexe des ischiojambiers qui devient progressivement réfractaire aux exercices simples. Au grade 3, le déficit d’extension devient chronique et irréductible nécessitant parfois une arthrolyse postérieure.
Il existe maintenant des programmes de rééducation spécifiques pour lutter contre ce flessum, au grade II, il faut lutter contre la contracture des ischiojambiers qui est en rapport avec un arc réflexe médullaire.
En postopératoire immédiat il faut traiter la douleur, ponctionner le genou si nécessaire, travailler immédiatement le quadriceps et surtout le vaste médial oblique avec la récupération de l’extension active totale. Dans un second temps travailler les ischiojambiers, puis ensuite on peut recourir à la stimulation neuromusculaire, le biofeedback qui permet au patient de visualiser ses efforts. Eventuellement lorsque le flessum devient chronique recourir à des thérapeutiques comme l’Allyane, la neuromomulation percutanée échoguidée, qui est encore expérimentale.
La prévention est fondamentale : ne pas opérer un patient avec un flessum préopératoire, récupération immédiate de l’extension active avec levée de l’inhibition quadricipitale, traiter la douleur, approche multimodale et collaborative.
Une meilleure gestion du flessum de genou permet d’optimiser le processus de rééducation et le retour au sport le plus rapidement possible.

According to publications, knee flexion contracture occurs in 10 to 25%, and even up to 40%, of knee surgeries, whether arthroscopic or not. This condition can be described as loss of active extension, knee flexion contracture, extension stiffness, or a flexion contracture gait. All of these terms are grouped under the Anglo-Saxon acronym: « AMI: Arthrogenic Muscle Inhibition. »
A mechanical cause must first be ruled out.
Factors that contribute to the development of this contracture include pain, a pre-operative flexion contracture, lack of active post-operative rehabilitation, and maintaining the knee in a flexed position post-operatively.
Contributing factors include pain, joint effusion or hemarthrosis, walking with a cane, a cushion under the knee, multiple fractures, and a contralateral anterior cruciate ligament rupture. The condition is classified into three stages: first, motor inhibition of the vastus medialis oblique, which resolves. Grade II is accompanied by a reflex contracture of the hamstrings that gradually becomes resistant to simple exercises. In Grade III, the extension deficit becomes chronic and irreducible, sometimes requiring posterior arthrolysis.
Specific rehabilitation programs now exist to address this flexion contracture. In Grade II, it is necessary to address the hamstring contracture, which is related to a spinal reflex arc. In the immediate postoperative period, pain must be treated, the knee aspiration performed if necessary, and the quadriceps and especially the vastus medialis oblique must be worked on immediately, with the goal of regaining full active extension. In a second phase, the hamstrings are worked on, and then neuromuscular stimulation and biofeedback can be used, allowing the patient to visualize their efforts. If the flexion contracture becomes chronic, therapies such as Allyane and ultrasound-guided percutaneous neurostimulation (PNS), which is still experimental, may be considered.
Prevention is fundamental: do not operate on a patient with a pre-existing flexion contracture, ensure immediate recovery of active extension with relief of quadriceps inhibition, treat pain, and use a multimodal and collaborative approach.
Better management of knee flexion contracture optimizes the rehabilitation process and allows for the fastest possible return to sport.

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