J Wegrzyn (Lausanne, Suisse)
Le resurfaçage de hanche (HRA) est reconnu comme une alternative conservatrice de l’os à la prothèse totale de hanche (PTH), en particulier chez les patients jeunes et actifs susceptibles de nécessiter une révision au cours de leur vie. Si les résultats du resurfaçage primaire sont bien documentés, la prise en charge des échecs de resurfaçage demeure complexe et sujette à débat. Ce travail analyse les options actuelles de révision, leurs bases techniques et les résultats attendus.
Deux stratégies principales de révision sont classiquement décrites. La première est la révision fémorale isolée avec conversion vers une articulation à double mobilité, principalement indiquée en cas de complication liée au composant fémoral (fracture du col, descellement fémoral). La seconde consiste en une conversion vers une PTH conventionnelle avec remplacement des deux composants, le plus souvent indiquée en cas de complications liées au couple métal-métal (réaction indésirable aux débris métalliques, élévation des ions cobalt-chrome), de descellement aseptique ou d’instabilité.
La révision fémorale isolée avec double mobilité, bien que rapportée dans la littérature, correspond à un usage hors AMM et est associée à un taux non négligeable de complications précoces. Trois limites majeures sont identifiées : (1) une couverture insuffisante de la tête fémorale par la cupule de resurfaçage, liée à sa géométrie infra-hémisphérique, augmentant le risque de luxation ; (2) une clairance radiale insuffisante de l’insert mobile, susceptible de restreindre la mobilité à la grande articulation et d’entraîner une usure accélérée du polyéthylène avec risque de luxation intraprothétique ; (3) des lésions de surface de la cupule conservée (rayures, sillons) responsables d’une augmentation de la rugosité, favorisant l’usure, l’ostéolyse précoce et le descellement aseptique.
Dans une série prospective de 207 HRA, le taux de révision était de 8% à un recul moyen de 11 ans, près de la moitié des révisions étant liées aux complications du métal-métal. Dans une étude appariée, les résultats des révisions de resurfaçage vers PTH étaient proches de ceux des PTH primaires et supérieurs à ceux des PTH de reprise. La révision de resurfaçage doit ainsi être considérée comme une procédure spécifique, d’une complexité intermédiaire, nécessitant une expertise dédiée.
En conséquence, la révision vers une PTH conventionnelle avec remplacement des deux composants est généralement privilégiée, la technique opératoire devant être adaptée à l’étiologie, aux pertes osseuses et à la présence éventuelle de pseudotumeur. Une planification préopératoire rigoureuse, incluant imagerie avancée et dosage des ions métalliques, est indispensable
Hip resurfacing arthroplasty (HRA) has been widely promoted as a bone-preserving alternative to total hip arthroplasty (THA), particularly for young and active patients who may require revision during their lifetime. While the primary indications and outcomes of HRA are well established, the management of failed hip resurfacing remains a challenging and evolving topic. This work reviews current revision strategies, highlights technical considerations, and analyzes expected clinical outcomes.
Two main revision options are commonly described. The first is isolated femoral revision with conversion to a dual-mobility bearing, typically proposed for femoral component–related complications such as femoral neck fracture or femoral loosening. The second is revision to conventional THA with exchange of both components, most often indicated for metal-onmetal (MoM)–related adverse reactions to metal debris (ARMD), elevated cobalt–chromium levels, aseptic loosening, or instability.
Although isolated femoral revision with conversion to a dual-mobility bearing has been reported in the literature, it represents an off-label use and is associated with a relatively high rate of short-term complications. Three major concerns limit its indication: (1) reduced cup coverage and altered biomechanics due to the non-hemispherical design of resurfacing cups, increasing the risk of dislocation; (2) insufficient radial clearance of the mobile insert, which may restrict motion at the large articulation and promote accelerated polyethylene wear with an increased risk of intraprosthetic dislocation; and (3) damage to the retained cup bearing surface, leading to increased roughness, accelerated wear, early osteolysis, and aseptic loosening.
In a prospective cohort of 207 HRA procedures, the revision rate was 8% at a mean of 11 years, nearly half of the revisions being related to MoM complications. In a propensity-matched analysis, outcomes after HRA revision to THA were closer to those of primary THA and superior to those of revision THA. HRA revision to THA should therefore be considered a distinct surgical procedure of intermediate complexity, requiring specific expertise and careful planning.
Based on these considerations, revision to conventional THA with exchange of both components is generally favored, with the surgical strategy tailored to the underlying etiology, bone defects, and presence of pseudotumor. Preoperative planning is essential and should include advanced imaging and metal ion assessment.


