62. Quelle est la place de l’arthrodèse tibio-tarsienne en 2026 ? - What will be the indication of tibiotalar arthrodesis in 2026?

Laurent Galois (Nancy)

L’arthrodèse de cheville est une technique chirurgicale historique, développée depuis la fin du XIXᵉ siècle, avec de nombreuses évolutions techniques (chirurgie à ciel ouvert, mini-open, arthroscopie). Elle reste aujourd’hui une option de référence (« gold standard ») dans le traitement des arthroses sévères de cheville.
Sur le plan fonctionnel, la cheville joue un rôle essentiel dans le déroulement du pas, avec une amplitude globale d’environ 25° en flexion-extension, majoritairement assurée par l’articulation tibio-talienne. L’objectif de l’arthrodèse est de supprimer la douleur en sacrifiant la mobilité articulaire, tout en conservant une marche fonctionnelle.

Les indications principales de l’arthrodèse sont les arthroses avancées, souvent post-traumatiques, les déformations sévères, l’instabilité, la nécrose talienne, les infections, ou les situations où une prothèse totale de cheville (PTC) est contre-indiquée. Elle peut être réalisée par différentes voies d’abord (latérale, antérieure, médiale, postérieure ou combinée), avec des techniques variées de fixation (vissage, plaques, enclouage). Les taux de fusion sont élevés, généralement supérieurs à 85 %. La greffe osseuse n’est pas systématique et n’est indiquée que dans des situations particulières.

Les résultats fonctionnels à long terme montrent que deux tiers des patients sont indolores, avec de bons ou très bons résultats fonctionnels, et environ la moitié reprennent leur activité professionnelle. Les études récentes comparant arthrodèse et PTC montrent que les deux techniques offrent des résultats fonctionnels et une satisfaction comparables. La PTC préserve la mobilité et améliore parfois les scores à court terme, mais elle est associée à un risque plus élevé de complications et de révisions à long terme. L’arthrodèse présente davantage de non-consolidations, mais moins de révisions tardives.

En conclusion, l’arthrodèse de cheville reste une intervention fiable, durable et reproductible, avec des résultats cliniques stables dans le temps, peu coûteuse et applicable à un large éventail de patients, notamment dans les formes sévères. Le choix entre arthrodèse et prothèse doit être individualisé, en fonction du profil du patient, de ses attentes, de la qualité osseuse et des comorbidités, dans le cadre d’une décision partagée entre le patient et le chirurgien

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