Marine Deba (Réunion)
Introduction :
Les ruptures aiguës du tendon d’Achille sont fréquentes, avec une incidence mondiale estimée entre 7 et 50 cas pour 100 000 habitants par an. Plusieurs études menées en climat tempéré ou continental ont mis en évidence une variation saisonnière significative, en lien avec les conditions climatiques et les comportements sportifs. L’île de La Réunion, au climat tropical et à la pratique sportive régulière, offre un cadre pertinent pour étudier l’impact des variations climatiques sur le nombre de cas de ruptures des tendons d’Achille.
Méthodes :
Nous avons réalisé une étude rétrospective multicentrique menée de janvier 2014 à décembre 2024 dans trois hôpitaux publics réunionnais (CHU Nord, CHU Sud, CHOR). Tous les patients âgés de 18 à 100 ans pris en charge pour une rupture aiguë du tendon d’Achille ont été recensés via la base PMSI. Les données climatiques mensuelles (température minimale et maximale, amplitude thermique, pression atmosphérique, humidité relative) ont été fournies par Météo-France (six stations réparties sur l’île). Les corrélations
ont été calculées par le test de Spearman et par des régressions linéaires simples et multiples.
Résultats :
Un total de 519 cas a été recensé (âge moyen : 47,7 ± 14,4 ans ; 75,7 % d’hommes). Aucune corrélation significative n’a été mise en évidence entre le nombre mensuel de cas et les variables climatiques étudiées (p > 0,05 pour toutes). Aucune différence significative n’a été observée selon les saisons locales (été, hiver, intersaisons ; p = 0,712).
Conclusion : Contrairement aux résultats rapportés en climat tempéré, notre étude ne montre pas de corrélation entre paramètres climatiques et le nombre de cas de ruptures du tendon d’Achille à La Réunion. Les micro-variations climatiques et la pratique sportive régulière en contexte tropical pourraient contribuer à lisser le risque au cours de l’année. Des études prospectives intégrant des données comportementales et individuelles sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
Background: Acute Achilles tendon ruptures are common, with an estimated global incidence of between 7 and 50 cases per 100,000 inhabitants annually. Several studies conducted in temperate or continental climates have highlighted significant seasonal variation linked to climatic conditions and athletic activities. The island of Réunion, with its tropical climate and a population that regularly participates in sports, provides a relevant setting for studying the impact of climatic variations on the number of Achilles tendon ruptures.
Methods: We conducted a retrospective multicenter study at three public hospitals in Reunion Island (Nord University Hospital, Sud University Hospital, CHOR) between January 2014 and December 2024. All patients aged 18 to 100 years who had been treated for an acute Achilles tendon rupture were identified via the PMSI database. Monthly climatic data (minimum and maximum temperature, temperature range, atmospheric pressure and relative humidity) were provided by Meteo-France (six stations located across the island). Correlations were calculated using Spearman’s test and multiple linear regressions.
Results: A total of 519 cases were identified (mean age: 47.7 ± 14.4 years; 75.7% men). No significant correlation was found between the monthly number of cases and the studied climatic variables (p > 0.05 for all). No significant difference was observed between local seasons (summer, winter and interseasons; p = 0.712).
Conclusion: Contrary to the results reported in temperate climates, our study shows no correlation between climatic parameters and the number of cases of Achilles tendon ruptures in Reunion. Micro-climatic variations and regular participation in sports in a tropical setting may help to spread the risk throughout the year. Prospective studies incorporating behavioral and individual data are needed to confirm these results.

