Vincent Soriot (Abbeville)
La radiofréquence percutanée s’est imposée ces dernières années comme une option mini-invasive pertinente dans la prise en charge des douleurs chroniques d’origine ostéo-articulaire. Son principe repose sur l’application ciblée d’un courant à haute fréquence entraînant soit une thermocoagulation contrôlée des fibres nociceptives (radiofréquence thermique continue), soit une neuromodulation non destructive (radiofréquence pulsée), avec pour objectif une diminution prolongée de la transmission douloureuse.
En orthopédie, les indications les mieux validées concernent le syndrome facettaire lombaire et cervical, la douleur sacro-iliaque, ainsi que les douleurs arthrosiques du genou (traitement des nerfs géniculés) et de la hanche. La sélection des patients repose sur la chronicité des symptômes, l’échec des traitements conservateurs et la réponse favorable à un bloc anesthésique diagnostique préalable.
Les études cliniques rapportent une réduction significative de l’intensité douloureuse (40 à 70 % en moyenne), avec une durée d’efficacité comprise entre 6 et 18 mois selon l’indication et la technique utilisée. La procédure, réalisée en ambulatoire sous guidage radiologique ou échographique, présente un profil de sécurité favorable et peut être répétée si nécessaire. La radiofréquence occupe ainsi une place stratégique entre les traitements infiltratifs et la chirurgie, en particulier chez les patients fragiles ou polymorbides. Bien qu’elle ne traite pas la cause structurelle sous-jacente, elle constitue une alternative efficace, reproductible et à for t intérêt médico-économique dans une filière douleur structurée.


