27. PTH dans la nécrose drépanocytaire - THA in Sikle cell desease

Ph Hernigou, A Poignard, O Manicom, M Mukisi Mukasa (Créteil)


La drépanocytose est l’une des causes les plus importantes de nécrose de hanche compte tenu du fait qu’il s’agit de la plus fréquente des maladies génétiques. Pourtant les rares publications ne font état d’aucun résultat à long terme en ne rapportant que les complications à un recul moyen ne dépassant souvent pas cinq ans. Cette étude rapporte les résultats d’une série continue de 312 prothèses de hanche réalisées en première intention sur des nécroses drépanocytaires homozygotes et revues avec un recul moyen de 15 ans (de 10 à 25 ans).

Matériel et méthode :
244 patients (312 hanches) suivis pour drépanocytose homozygote (génotype SS, SC ou Béta thalassémique) ont été opérées à un âge moyen de 32 ans (de 18 à 51 ans) entre 1980 et 1998. Les prothèses totales de hanche ont été réalisées par voie postéro-latérale sous anesthésie générale et toujours de la même manière : cotyle polyéthylène cimenté, pièce fémorale cimentée, ciment aux antibiotiques.

Résultats :
85 complications médicales ont été observées au décours des interventions chirurgicales (soit 27 %). Les complications médicales étaient en majorité en rapport avec des transfusions. 8 des patients ont dû passer plus de 10 jours en Réanimation en post-opératoire en raison d’hémolyse post-transfusionnelle ou d’infarctus pulmonaire.
Le taux de complications chirurgicales orthopédiques est de 13 % et a concerné 42 hanches : fausse route fémorale en raison d’une obturation du canal médullaire par des infarctus osseux ; hématome ; paralysie sciatique transitoire; ossification.
Le taux de complications infectieuses prothétiques ayant nécessité une réintervention est de 3 % (10 hanches). Le délai moyen de la réintervention pour infection était de 10 ans. Les germes responsables d’infection étaient le Staphylocoque, l’Acinotobacter, le Proteus et le Pseudomonas. Aucun cas d’infection prothétique à Salmonelle n’a été retrouvé.
En absence d’infection, la probabilité de survie de l’implant à 10 ans est de 91 % et à 15 ans de 86 %, avec un risque similaire de descellement pour le cotyle et le fémur.

Discussion et conclusion :
Les résultats à long terme des prothèses dans la drépanocytose ont été améliorés au cours des dernières années. Le taux de complications reste cependant plus élevé que pour les interventions sur des ostéonécroses d’une autre étiologie. Néanmoins, compte tenu de l’amélioration fonctionnelle apportée par la prothèse totale de hanche, le rapport bénéfice/risque apparaît raisonnable dans cette étiologie lorsque l’ostéonécrose est trop évoluée pour envisager un traitement chirurgical conservateur

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