W Barnoud, Ph BauwenS, F Rongieras, A Bertani (Lyon)
Objectif :
le but de cette étude était d’évaluer les complications précoces et tardives après traitement chirurgical des fractures intra-articulaires du pilon tibial traitées par Ostéosynthèse à ciel ouvert (ORIF) ou fixateur externe définitif (FE). Nous avons également comparé la nécessité de procédures chirurgicales secondaires entre les deux traitements.
Méthodes :
Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique incluant toutes les fractures du pilon tibial telles que définies selon la classification de l’Orthopaedic Trauma Association (OTA).
Les critères d’inclusion étaient toutes les fractures intra-articulaires (OTA 43 type B et C) avec un suivi minimum de 24 mois. Les fractures ont été traitées soit par ORIF soit par FE tibio-calcanéenne définitif.
Les critères évalués étaient : le taux d’infections superficielles et profondes, le délai de consolidation, le taux de pseudarthrose, le taux de cal vicieux, et l’évolution vers l’arthrose post-traumatique
Les procédures chirurgicales secondaires analysées étaient :le recours à une ostéotomie tibiale pour cal vicieux, à une cure de pseudarthrose, à une arthrodèse de cheville, ou à une amputation du membre inférieur.
Résultats :
94 patients (98 fractures) ont été inclus. Le groupe ORIF comptait 58 fractures et le groupe FE comptait 40 fractures. Comparé au groupe ORIF, le groupe FE présentait un délai moyen de consolidation plus long (17,2 vs 10,8 semaines ; p<0,001), un taux plus élevé de pseudarthrose (27,5 % vs 6,9 % ; p<0,01), de cals vicieux (51,7 % vs 22,4 % ; p<0,01), et d’arthrose stade ≥ 3 au dernier recul (51,7 % vs 9,6 % ; p<0,001). Le taux de chirurgies secondaires était plus élevé dans le groupe FE que dans le groupe ORIF (52,5 % vs 19 % ; p<0,001). Parmi les fractures ouvertes, nous avons en revanche retrouvé d’avantage d’infections profondes dans le groupe ORIF (33,3 % vs 0 % ; p<0,05), sans différence de consolidation osseuse en terme de durée, de pseudarthrose ou de cal vicieux avec le groupe EF.
Conclusion :
La fixation externe définitive est associée à un délai de consolidation plus long et d’avantage de complications tardives telles que pseudarthrose, cal vicieux, évolution arthrosique et de ré-intervention. Cependant, le risque d’infection profonde postopératoire est plus élevé avec l’ORIF en cas de fracture ouverte. L’ORIF semblent apporter de meilleurs résultats dans la prise en charge des fracture du pilon tibial, mais la FE définitive reste une option valable pour les fractures sévères du pilon tibial avec un taux d’infection inférieur.
Purpose: The aim of this stydy was to evaluate early and late complications after operative procedure for intra-articular pilon tibial fracture treated with open reduction and internal fixation (ORIF) or definitive external fixation (EF). We also compared the need of secondary surgical procedures between the two treatments.
Methods: we identified in a single-center retrospective review all pilon tibial fractures as defined by the Orthopaedic Trauma Association (OTA). Inclusions criteria were all intra-articular fractures (OTA 43 type B and C) with a minimum follow-up of 24 months. Fractures were treated by ORIF or definitive tibio-calcaneal EF. Outcomes measured included superficial or deep infections, time to union, nonunion, malunion and post-traumatic osteoarthritis. Secondary surgical procedures evaluated were tibial osteotomy for malunion, bone graft for nonunion, ankle arthrodesis and amputation.
Results: 94 patients with 98 fractures were included. ORIF group consisted in 58 fractures and EF group in 40 fractures. Compared to ORIF group, EF group had a significant higher mean time to union (17.2 vs 10.8 weeks, p<0.001), higher rate of nonunion (27.5% vs 6.9%, p<0.01), malunion (51.7% vs 22.4%, p<0.01) and osteoarthritis stage ≥3 (51.7% vs 9.6%, p<0.001). The rate of secondary surgical procedures was higher in EF group (52.5% vs 19%, p<0.001). Among open fractures, we observed significantly more deep infections in ORIF group (0 vs 33.3%, p<0.05), and no significant difference in bone healing.
Conclusions: Definitive external fixation is associated with a longer time to union and a higher rate of late complications such as nonunion, malunion, progression to osteoarthritis, and need for secondary surgical procedures. However, the risk of deep postoperative infection is higher with ORIF in cases of open fractures. ORIF appears to provide better overall outcomes in the management of tibial pilon fractures, but definitive external fixation remains a valid option for severe tibial pilon fractures, with a lower infection rate.

