41. Correction individuelle « à la carte » des prothèses unicompartimentales de genou. Etude de faisabilité.

JYJenny (Strasbourg)


Introduction :
La question de l’axe postopératoire optimal après implantation d’une prothèse unicompartimentale du genou (PUG) reste débattue. Nous proposons une philosophie originale fondée sur l’analyse peropératoire du genou opéré par un système de navigation avec correction individuelle « à la carte ». L’objectif de cette étude était de valider la faisabilité de cette technique et d’en objectiver les écueils éventuels.

Matériel :
100 patients ont été opérés de façon consécutive pour une gonarthrose fémorotibiale médiale par implantation d’une PUG sous contrôle d’un système de navigation sans image par un chirurgien unique.
Il s’agissait de 41 hommes et 59 femmes, d’un âge moyen de 68 ans (extrêmes de 51 et 82 ans).

Méthodes :
Le système de navigation permettait de mesurer l’axe fémorotibial de face en extension et sa réductibilité par une manœuvre de stress manuelle en valgus. L’objectif de la correction était l’axe mesuré lors de la manœuvre de réduction diminué de 2°±1° de varus pour respecter la laxité physiologique médiale. Aucun geste d’équilibrage ligamentaire n’était pratiqué. Le réglage final était assuré par la hauteur de la pièce en polyéthylène, avec un pas millimétrique. Le remplissage du cahier des charges (axe fémorotibial final de face en extension et laxité médiale en extension) était vérifié à l’aide du système de navigation.

Résultats :
L’axe fémorotibial de face en extension était de 3,9°±2,4° avant l’implantation, et de 0,7°+2,3° après manœuvre de réduction. La laxité médiale en extension était de 3,2°+1,3° avant l’implantation. L’axe fémorotibial de face en extension était de 2,6°+2,9° après l’implantation. La laxité médiale en extension était de 1,9°+0,8° après l’implantation. Le cahier des charges était rempli dans 74% des cas pour les deux critères, dans 78% des cas pour l’axe fémorotibial de face en extension et dans 94% des cas pour la laxité médiale en extension.

Discussion :
L’application du cahier des charges est possible de façon fiable et reproductible grâce à la précision du système de navigation et à l’adaptabilité du système prothétique. L’absence de toute nécessité de gestes ligamentaires associés permet de suspecter une bonne adaptation de l’implant au genou opéré. Cette adaptation individualisée pourrait permettre de mieux respecter la physiologie individuelle de chaque genou et d’améliorer la fonction du genou prothésé.

Conclusion :
Il serait souhaitable de pratiquer une étude comparant les résultats fonctionnels des PUG implantées selon ce protocole à des PUG implantées selon des protocoles plus conventionnels avec objectif unique pour tous.

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