Nicolas Vallée MD, Mayeul Dumarty, Jonathan Lebhar (Rennes)
Introduction :
L’arthrodèse postérieure transforaminale (TLIF), décrite pour la première fois en 1980, est devenue une technique couramment utilisée en chirurgie de la colonne vertébrale en France. Ses indications sont multiples, incluant notamment les sténoses foraminales, les récidives d’hernies discales, les spondylolisthésis et certaines discopathies dégénératives. L’évolution des techniques chirurgicales, en particulier le développement des approches mini-invasives, a conduit à une diversifications des pratiques. Toutefois, celles-ci demeurent hétérogènes selon les centres et les opérateurs. Dans le cadre d’un travail soutenu par la Société d’Orthopédie de L’Ouest, nous avons cherché à décrire les pratiques actuelles des chirurgiens français concernant la TLIF.
Méthode :
Une enquête nationale a été menée à l’aide d’un questionnaire en ligne diffusé via plusieurs réseaux de professionnels : Hôpitaux Universitaire Grand ouest (HUGO), Spine research Society (SRC), Société Française de Chirurgie du Rachis (SFCR). Le questionnaire portait sur les profils des praticiens, les indications et contre-indications, le bilan pré opératoire, la technique per opératoire, matériel utilisé et enfin la prise en charge post opératoire. Au total 57 réponses ont été recueillis et analysées issues de centres publics et privés répartis sur l’ensemble du territoire français.
Résultats :
La majorité des praticiens avaient plus de 5 ans d’expérience (63%) et exerçaient principalement en établissements privés (70%) avec une activité annuelle supérieure à 10 TLIF pour 77% d’entre eux. Les indications les plus fréquentes étaient les es spondylolisthésis dégénératifs ou sur lyse isthmique et les sténoses foraminales. L’IRM était jugée indispensable pour 98% des praticiens. La chirurgie à ciel ouvert restait la technique la plus utilisée (60%). Les cages de type « banane » représentaient 80% des implants utilisées avec une prédominances des cages en titane 60%. La greffe autologue était la plus fréquemment utilisée seule dans 58% des cas et associée à un substitut osseux dans 35%. Le temps opératoire était compris entre une et deux heures dans 85% des cas avec une tendance à une augmentation du temps opératoire pour les techniques mini-invasives. Les modalités de prise en charge postopératoire apparaissaient très variables, avec une hospitalisation inférieure à trois jours dans 85 % des cas et une verticalisation dès le jour de l’intervention pour 90 % des patients.
Conclusion :
Cette enquête nationale met en évidence une hétérogénéité importante des pratiques concernant a TLIF en France, reflétant l’évolution des techniques chirurgicales et l’absence de consensus strict sur de nombreux aspects de la procédure.
Ces résultats soulignent l’intérêt de travaux complémentaires visant à standardiser certaines pratiques, à mieux définir les indications optimales de chaque variante technique et à évaluer leur impact clinique et fonctionnel.
Introduction: Transforaminal lumbar interbody fusion (TLIF), first described in 1980, has become a commonly used technique in spinal surgery in France. Its indications are numerous, including foraminal stenosis, recurrent disc herniation, spondylolisthesis, and certain degenerative disc diseases. The evolution of surgical techniques, particularly the development of minimally invasive approaches, has led to a diversification of practices. However, these practices remain heterogeneous depending on the centers and surgeons. As part of a project supported by the Western Orthopedic Society, we sought to describe the current practices of French surgeons regarding TLIF.
Method: A national survey was conducted using an online questionnaire distributed through several professional networks: University Hospitals of the Greater West (HUGO), Spine Research Society (SRC), and the French Society of Spinal Surgery (SFCR). The questionnaire covered the profiles of the practitioners, indications and contraindications, preoperative assessment, intraoperative technique, equipment used, and finally, postoperative management. A total of 57 responses were collected and analyzed from public and private centers throughout France.
Results: The majority of practitioners had more than 5 years of experience (63%) and mainly practiced in private institutions (70%), with an annual activity of more than 10 TLIF procedures for 77% of them. The most frequent indications were degenerative spondylolisthesis or spondylolisthesis due to isthmic lysis and foraminal stenosis. MRI was considered essential by 98% of practitioners. Open surgery remained the most commonly used technique (60%). « Banana-shaped » cages accounted for 80% of the implants used, with a predominance of titanium cages (60%). Autologous bone graft was the most frequently used, either alone in 58% of cases or combined with a bone substitute in 35%. Surgical time ranged from one to two hours in 85% of cases, with a tendency towards longer operating times for minimally invasive techniques. Postoperative management varied considerably, with hospitalization lasting less than three days in 85% of cases and mobilization on the day of surgery for 90% of patients.
Conclusion: This national survey highlights significant heterogeneity in TLIF practices in France, reflecting the evolution of surgical techniques and the lack of a strict consensus on many aspects of the procedure.
These results underscore the need for further research to standardize certain practices, better define the optimal indications for each technical variant, and evaluate their clinical and functional impact.

